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Elections locales : Ces villes à enjeu national pour un scrutin local

Premier test après l’Acte 3 de la décentralisation, le Sénégal va vers les élections locales du 29 juin 2014. Nous allons découvrir, dans cette première série de reportages, les villes à enjeu national pour un scrutin local. Dakar, ses banlieues de Pikine et Guédiawaye, Kaolack, Ziguinchor, Saint-Louis, Louga, Kaolack, Fatick, etc. seront suivies avec beaucoup d’attention le 29 juin prochain. Des leaders donnent leur point de vue sur ces enjeux avec la création des communes rurales et des conseils départementaux.

Dakar, la mère des batailles

Même si l’Acte 3 de la décentralisation va engendrer une perte importante de ses ressources financières, la ville de Dakar suscite toujours les convoitises. En plus de Khalifa Sall, candidat naturel à sa propre succession, la coalition formée autour du Pds, « Bennoo Bokk Yaakaar » et « Bokk Guis-Guis » ont affiché leurs ambitions pour prendre les rênes de cette ville.

Avec l’entrée en vigueur de l’Acte 3 de la décentralisation, la ville de Dakar, va perdre beaucoup de ses ressources et de ses prérogatives ; au profit des 19 communes d’arrondissements. Celles-ci seront, désormais, des communes de plein exercice et auront notamment une autonomie financière. Elles collecteront elles-mêmes une bonne partie de leurs ressources fiscales.

Pour autant, la ville de Dakar aiguise plus que jamais les appétits des formations politiques. Et pour cause, elles ne sont pas moins de quatre coalitions de partis à afficher leurs ambitions pour contrôler cette ville que le coordonnateur départemental du Pds, le Pr. Joseph Sarr qualifie de stratégique.

En plus de « Takhawou Dakar » du maire sortant, Khalifa Sall, candidat à sa propre succession, la mouvance présidentielle « Bennoo Bokk Yaakaar » et la coalition dirigée par le Pds n’ont pas fait mystère de leurs ambitions pour prendre les rênes de la ville.

Quant à la coalition « Bokk Guis Guis », elle verrait bien son leader, Pape Diop, retrouver son fauteuil de maire de Dakar qu’il a perdu en 2009, lors des dernières élections locales. « Les locales prochaines seront les premières élections auxquelles va participer « Bokk Guis Guis » depuis que nous avons créé ce parti. Elles serviront de test à notre parti et nous permettrons de nous évaluer dans la perspective de l’élection présidentielle de 2017.

Duel Aminata Touré – Khalifa Sall

Notre ambition est de faire revenir Pape Diop à la mairie de Dakar afin qu’il soit un bon challenger pour la prochaine course à la magistrature suprême ». Les propos sont de Moussa Diakhaté, le porte-parole de « Bokk Guis Guis » qui, tout en affichant les ambitions de sa formation, campe en même temps, les enjeux des élections locales du 29 juin prochain.

Selon lui, l’ancien maire de Dakar a un bilan à rappeler mais surtout des perspectives à proposer en programmes de développement de la capitale.

« Bokk Guis Guis » risque donc de buter fort sur les ambitions de ses adversaires. A commencer par « Bennoo Bokk Yaakaar » qui a fait du Premier ministre Aminata Touré sa tête de pont pour déboulonner le maire sortant Khalifa Sall.

«La ville de Dakar a un enjeu politique important. On ne doit pas la laisser à l’opposition. Khalifa Sall veut faire de Dakar un tremplin pour accéder à la présidence mais c’est peine perdue », se convainc Ngary Ngom, chargé de mission d’Aminata Touré et responsable des jeunes Apéristes à Grand-Yoff.

Pour lui, pas de doute : l’actuel édile de la ville de Dakar va essuyer un cinglant revers lors des locales ; puisque l’Apr et « Bennoo Bokk Yaakaar » vont prendre le relais. «Cette hypothèse est d’autant plus certaine que Khalifa Sall n’a pas fait grand-chose aussi bien à la mairie de Dakar qu’à Grand-Yoff, son propre fief où il a été maire à deux reprises », poursuit le poulain de Mme Aminata Touré.

Reste que l’actuel maire de Dakar n’a pas dit son dernier mot. En mettant sur pied sa propre coalition, mettant à rude épreuve l’unité de la majorité présidentielle, Khalifa Sall entend défendre son bilan auprès des électeurs et succéder à lui-même.

Cet homme à qui on prête l’intention de succéder à Ousmane Tanor Dieng à la tête du Ps et des ambitions présidentielles, n’est pas prêt pour perdre Dakar, en raison de l’enjeu que représente cette ville. Va-t-il rempiler ? Difficile à dire.

Nouveau mode d’élection

Le nouveau mode d’élection du maire qui sera dorénavant choisi au suffrage indirect par les conseillers issus des 19 communes d’arrondissement, rend la question de sa réélection beaucoup plus complexe et incertaine. En tout cas, si l’on en croit, Moussa Sy, qui est tête de liste majoritaire de la coalition « Takhawou Dakar » aux Parcelles assainies, le responsable socialiste reste le favori pour l’élection prochaine du maire de Dakar.

« Il a un bilan qui plaide en sa faveur. Il a beaucoup fait notamment en termes d’éclairage public, de pavage des rues, d’aménagement du cadre de vie, etc. », argumente le maire des Parcelles assainies.

Moussa Sy reste convaincu que Dakar, en dépit de la nouvelle réforme sur la décentralisation, qui va la priver de pas mal de ses ressources, conserve encore son statut de ville importante, vu sa dimension politique, culturelle et économique.

Il ne partage cependant pas la thèse selon laquelle elle représente un tremplin pour la magistrature suprême. «Elle peut permettre à un homme politique de faire ses preuves comme l’a fait Khalifa; mais Jusqu’ici, Dakar n’a permis à personne d’être président de la République.

Au-delà de la ville, il faut avoir une envergure nationale pour prétendre accéder à la présidence», souligne-t-il. Autre coalition en lice pour le contrôle de la ville de Dakar, celle constituée autour du Pds qui compte reconquérir le pouvoir dès 2017.

Ce qui, aux yeux de la formation d’Abdoulaye Wade, passe par la conquête de Dakar à l’occasion des locales du 29 juin 2014. «Avec l’Acte 3 de la décentralisation, Dakar n’aura plus le même poids économique qu’il avait jusque-là. Elle aura aussi moins de prise sur les communes d’arrondissement. Néanmoins, elle reste un enjeu stratégique», soutient le Pr. Joseph Sarr, du Pds.

Il ajoute, qu’en raison de sa position au cœur du dispositif protocolaire et diplomatique, le premier magistrat d’une capitale bénéficie toujours d’avantages naturels. Cinq ans après avoir perdu le contrôle de la plus part des collectivités locales notamment des grandes villes, le Pds et ses alliés prendront-ils leur revanche sur leurs adversaires ?

Rien n’est moins sûr. Deux ans après avoir perdu le pouvoir et essuyé un revers lors des législatives, il n’est pas évident que la formation de Wade ait retrouvé sa meilleure forme.

En plus des départs de responsables de premier plan (Pape Diop, Mamadou Seck, Abdoulaye Baldé, etc.), des transhumants, les courants internes risquent de fragiliser cette machine électorale que fût le premier parti d’opposition au Sénégal.

 

Source : Quotidien Le Soleil

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