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Emmanuel Macron défend son projet de loi sur l’asile et l’immigration

Il assume tout, même son projet de loi le plus controversé. Emmanuel Macron a défendu dimanche le projet de loi «asile et immigration», qui « respecte » le droit à l’asile mais permettra de reconduire les déboutés « plus rapidement » dans un contexte où « l’Europe fait face à un phénomène migratoire inédit qui va durer »

« Il est faux de dire que qui que ce soit qui peut avoir droit à l’asile sera exclu » par la réforme, a assuré le président en réponse aux critiques sur le texte dont l’examen débute lundi à l’Assemblée. Mais actuellement, « c’est 14 mois pour avoir son asile en France, 14 mois dans la précarité avec des droits réduits. Mon engagement, c’est de réduire ce délai à six mois. », a-t-il argumenté.
« La France ne peut pas prendre toute la misère du monde »
« Les gens qui ne relèvent pas de l’asile, il faut instruire plus vite leur dossier, et éventuellement les reconduire plus vite. La France ne peut pas prendre toute la misère du monde », a-t-il plaidé « Nous sommes face à un phénomène migratoire inédit qui va durer », a-t-il dit et ce sont nos « concitoyens les plus modestes, qui subissent les conséquences d’une immigration non maîtrisée ».

Emmanuel Macron a reconnu cependant qu’il y avait une « discussion légitime » au sein de sa majorité, où une frange de députés conteste les principales dispositions du texte. Les députés « sont libres et expriment leurs convictions. Je crois à une démocratie où les parlementaires ne sont ni des godillots ni des frondeurs », a-t-il assuré.

Un délit de solidarité « adapté mais pas supprimé »
Parmi les demandes de sa majorité, Emmanuel Macron s’est dit favorable à ce que « le délit de solidarité » (qui fait qu’une personne peut être poursuivie pour aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour d’un étranger en situation irrégulière) « soit adapté mais pas supprimé ». « Ceux qui sauvent des vies sont en situation de faire un geste d’humanité ne doivent pas être condamnées, mais ceux qui aident consciemment ou inconsciemment les passeurs, je ne vais pas les affranchir du délit de solidarité », a-t-il expliqué.

En revanche, il s’est dit opposé à l’interdiction totale du placement en rétention de familles avec mineurs, comme le demandent aussi plusieurs députés LREM. « Sinon, vous ne pouvez matériellement plus expulser quelque famille que ce soit », a-t-il dit. « Je souhaite que cette rétention dure le moins possible », a-t-il ajouté, en principe seulement « quelques heures » avant l’éloignement.

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