Société

(Vidéo) – Donald Trump a refusé de rendre un hommage appuyé à John McCain

Selon le «Washington Post», Donald Trump a refusé que la Maison-Blanche publie un hommage appuyé à John McCain, décédé samedi. Le président américain a préféré… un simple tweet.

Depuis l’annonce du décès de John McCain, les hommages ont été nombreux. Politiques, personnalités et anonymes ont salué un «héros», sénateur depuis plus de 35 ans et ancien prisonnier de guerre au Vietnam, récompensé pour son service au sein de l’armée. Mais un hommage a été plus discret que les autres, celui de Donald Trump. Contrairement à ses prédécesseurs Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, qui ont tous exprimé leur vive émotion, le président américain s’est contenté d’un tweet, à l’issue d’une journée passée au golf : «Ma compassion et mon respect sincères vont à la famille du sénateur John McCain. Nos coeurs et prières sont avec vous!» Sur son compte Instagram, il a repris cette courte déclaration, assortie… d’une photo de lui.

D’après le «Washington Post», ce n’est pas une maladresse : à l’annonce de la fin des traitements de John McCain, les employés de la Maison-Blanche avaient préparé un long hommage au sénateur de l’Arizona, âgé de 81 ans. Mais Donald Trump a refusé de diffuser ce texte élogieux en raison de sa mésentente avec John McCain, qui n’a jamais caché ses critiques envers le président. Selon les dernières volontés de l’ancien soldat, le milliardaire ne sera même pas invité à ses funérailles -où George W. Bush et Barack Obama devraient prononcer des éloges funèbres.

« On s’en fiche, il est mourant »
Donald Trump avait déjà été critiqué pour ses paroles à propos de John McCain. En juillet 2015, lors d’un événement de campagne dans l’Iowa, celui qui était alors candidat à l’investiture républicaine avait déclaré : «Ce n’est pas un héros de guerre. Il a été un héros de guerre car il a été capturé. J’aime les gens qui n’ont pas été capturés.» Leurs désaccords étaient profonds : John McCain avait même voté contre un texte qui aurait permis aux républicains de démanteler la loi sur l’assurance santé votée sous l’administration Obama, un camouflet qui avait provoqué la colère du président. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas publiquement dénoncé les propos d’une de ses conseillères, qui avait déclaré lors d’une réunion : «On s’en fiche, il est mourant de toute façon», voulant faire «une blague» pour répondre à l’opposition de John McCain à la nomination de Gina Haspel à la tête de la CIA. Seule la porte-parole de la Maison-Blanche avait tenté de minimiser les dégâts : «Nous respectons le service du sénateur McCain pour notre pays, lui et sa famille sont dans nos prières durant cette période difficile.»

En juillet dernier, après la rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine, John McCain n’avait pas mâché ses mots pour critiquer l’attitude du président américain : «Les dommages infligés par la naïveté, l’égotisme, la fausse équivalence, et la sympathie pour les autocrates du président Trump sont difficiles à évaluer. Mais il est clair que le sommet à Helsinki était une erreur tragique.» Donald Trump ne l’avait même pas cité, à la mi-août, lorsqu’il avait promulgué un budget de l’armée qui portait pourtant son nom.

Les funérailles de John McCain auront lieu samedi, en la cathédrale principale de Washington. Son cercueil sera auparavant exposé à Phoenix, la capitale de l’Arizona, puis au Capitole. Il sera ensuite inhumé au cimetière de l’Académie navale d’Annapolis, où il avait suivi sa formation de pilote.

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