La présentation du Plan de Redressement Économique et Social, ce vendredi 1er août 2025, par le Premier ministre Ousmane Sonko, a conforté une conviction profonde partagée par nombre d’observateurs du développement : l’avenir des économies du Sud repose sur leur capacité à miser d’abord sur leurs ressources propres, à cultiver leur autonomie stratégique, et à sortir des mécanismes de dépendance structurelle.

Dans cette optique, le modèle chinois s’impose comme une source d’inspiration concrète, pragmatique, et orientée vers des résultats tangibles.
S’émanciper de l’aide conditionnée : une nécessité historique
Comme le soulignait avec lucidité Sékou Touré :
« Une aide qui ne nous aide pas à nous départir de l’aide n’est pas une aide… »
Ce rappel résonne aujourd’hui avec force, alors que de nombreux pays africains, le Sénégal en tête, s’interrogent sur la pertinence des modèles de développement fondés sur l’endettement extérieur et la tutelle institutionnelle du FMI.
À plusieurs reprises, le Premier ministre Ousmane Sonko a rappelé qu’aucun pays au monde ne s’est jamais développé en se reposant essentiellement sur des financements extérieurs conditionnés.
La Chine, un partenaire stratégique et un modèle d'autonomisation
C’est dans cet esprit que le gouvernement chinois a récemment accueilli une délégation sénégalaise composée de fonctionnaires, de responsables de médias publics et privés, ainsi que de journalistes, pour un séminaire de formation de 15 jours.
Loin des stéréotypes et des narratifs souvent biaisés véhiculés en Occident, cette immersion a permis de découvrir une Chine résolument tournée vers l’innovation, l’efficacité économique, et l’autodétermination.
Shunfeng Ërhaï : une économie circulaire au service du développement local
Parmi les expériences les plus marquantes de ce séjour figure la visite de l’entreprise Shunfeng Ërhaï, à Dali, dans la province du Yunnan. Cette entreprise s’est donnée pour mission de développer une économie circulaire autour du lac Ërhaï, en mettant en synergie la recherche scientifique, l’expertise locale, et l’innovation des entreprises.
Ce modèle repose sur la valorisation durable des ressources naturelles locales, la protection de l’environnement, et l’inclusion des communautés dans les chaînes de valeur agricoles et industrielles. Une telle approche offre des perspectives exceptionnelles pour le développement endogène de zones comme le lac Rose, le lac de Guiers, ou même le site de la décharge de Mbeubeuss entre autres.
Vers un partenariat stratégique des médias et de l’information
Ce séminaire a également jeté les bases d’un partenariat renforcé dans les domaines de l’information, de la communication publique, et de la promotion des politiques de développement. Les échanges avec les institutions médiatiques chinoises ouvrent la voie à une coopération médiatique stratégique, permettant de mieux valoriser les initiatives bilatérales et de sortir du monopole des récits occidentaux sur le développement africain.
Miser sur l’ingéniosité et le pragmatisme
Le modèle chinois, tel qu’il se déploie à travers des initiatives comme Shunfeng Ërhaï, incarne un pragmatisme économique et une capacité d’innovation remarquables. Il montre que le développement durable, équitable et autonome est possible lorsque les États prennent appui sur leurs ressources, leurs talents, et une coopération fondée sur le respect mutuel.
Comme le démontrent les récentes initiatives sino-sénégalaises, il ne s’agit pas seulement de commerce ou d’infrastructure, mais bien de bâtir ensemble un futur fondé sur l’autonomie, la dignité économique et la prospérité partagée.
Mamadou Moustapha Diouf
Direction de la Communication
Ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique
