CRISE À L’UCAD : UN APPEL À L’UNITÉ ET À L’HUMANITÉ

Les récents événements à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar nous touchent tous. Voir notre jeunesse, symbole d’espoir et d’avenir, en détresse face à des forces de sécurité sous tension, est une réalité douloureuse que nous ne pouvons ignorer. Cette douleur est aujourd'hui aggravée par un drame humain : nous déplorons le décès d'un étudiant et plusieurs blessés. Cette tragédie rend l'arrêt immédiat de l'escalade de la violence non seulement urgent, mais impératif.

Il est plus que temps de réagir avec compassion, sagesse et détermination. S’occuper de l’avenir de la nation, c’est d’abord et avant tout prendre soin du présent de sa jeunesse, et notamment de sa jeunesse étudiante.

La jeunesse est le cœur battant de notre nation. Ses préoccupations concernant ses conditions de vie et d’étude sont légitimes et doivent être entendues. La précarité engendre frustration et colère. Nous devons écouter ces cris de désespoir avant qu'ils ne causent d'autres victimes.

Pour apaiser la situation et éviter toute nouvelle tragédie, plusieurs mesures doivent être mises en place sans délai :

  1. Retrait immédiat des forces de sécurité du campus : Bien que la sécurité soit essentielle, leur présence doit être réévaluée. Un retrait temporaire pourrait aider à rétablir un climat de sérénité, propice au dialogue et nécessaire au recueillement.
  2. Médiation avec des personnalités respectées : Rassembler étudiants et décideurs autour d’une table de discussion est crucial pour aborder les préoccupations de manière constructive et rompre le cycle de la confrontation.
  3. Gestes concrets de bonne volonté :
    · Réouverture rapide des restaurants universitaires pour répondre aux besoins alimentaires urgents.
    · Publication d’un calendrier clair et engageant pour traiter les demandes prioritaires des étudiants.

Nous avons tous un rôle à jouer pour stopper cette spirale. Les forces de l’ordre doivent se rappeler que leur mission première est de protéger les citoyens. Les étudiants, quant à eux, doivent privilégier la voix du dialogue. La mémoire du jeune disparu et la souffrance des blessés doivent nous guider collectivement vers la raison.

Les acteurs politiques ont la lourde responsabilité d’écouter, de comprendre les réalités du campus et d’agir pour calmer les esprits. Les autorités de tutelle doivent incarner cette proximité et décider en conséquence avec célérité.

L’avenir du pays se construit ici et maintenant, en répondant aux attentes légitimes de ceux qui le portent demain, et non dans l'affrontement.

En définitive, cette crise, déjà trop marquée par la violence et le sang, ne doit pas nous diviser davantage. Elle doit nous rassembler pour construire un avenir meilleur et plus paisible.
En faisant preuve d’empathie, de courage et d'un sens aigu des responsabilités, nous pouvons transformer cette épreuve en une opportunité de renforcer les liens entre tous les acteurs de notre société. Ensemble, créons un climat de confiance et de respect, où chaque voix compte et où la paix règne sur nos campus. C’est ainsi que nous bâtirons un Sénégal juste, uni, solidaire et tourné vers l’avenir.

Me Abdoulaye TINE.
Président de l’Union Sociale Libérale.
Membre de la Coalition Diomaye President.