Violations des droits humains et répression politique
Le rapport 2024 d’Amnesty International alerte sur une détérioration grave des droits humains au Sénégal. L’année a été marquée par une répression brutale des manifestations préélectorales, avec la mort de quatre manifestants, dont un adolescent, dans plusieurs villes (Dakar, Saint-Louis, Ziguinchor). La loi d’amnistie adoptée en mars met fin aux poursuites pour des faits commis entre 2021 et 2024, privant les familles de victimes de toute justice.
Liberté d’expression menacée
La liberté d’expression est fortement restreinte : des figures politiques comme Ahmed Suzanne Camara et Cheikhna Keita ont été arrêtées pour offense au chef de l’État. Des journalistes ont été battus, la chaîne Walf TV suspendue, et l’accès mobile restreint lors des troubles.
Conditions carcérales dégradantes
Les conditions de détention restent inhumaines, notamment à la prison de Rebeuss, où une épidémie de tuberculose a éclaté à cause de la surpopulation et de l’insalubrité. Plusieurs détenus politiques, dont le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, ont été libérés.
Droits des femmes et des enfants négligés
Le Code de la famille sénégalais reste discriminatoire : il confère l’autorité exclusive aux hommes et autorise le mariage des filles dès 16 ans. Les talibés, enfants forcés à mendier, ne sont toujours pas protégés efficacement, malgré des lois existantes. Les réformes attendues dans ce domaine restent bloquées.
Tragédie migratoire
Le Sénégal est un point de départ important de la migration clandestine vers les îles Canaries. Entre janvier et mai 2024, au moins 959 personnes sont mortes en mer, poussées par la pauvreté et la crise économique, notamment dans les communautés de pêcheurs.
Environnement : réaction tardive
Le gouvernement a suspendu les activités minières près de la rivière Falémé jusqu’en 2027, en réponse à une dégradation environnementale alarmante (pollution, chute de la biodiversité, risques sanitaires).
Affaires judiciaires et corruption
- Farba Ngom, député-maire, est en détention pour complicité de détournement de fonds publics.
- Ses frères Ismaila et Birane Ngom sont convoqués le 6 mai pour une enquête sur un scandale de blanchiment d’argent portant sur 125 milliards de FCFA, impliquant des SCI et des fonds publics.
- Tahirou Sarr, homme d’affaires, est également incarcéré pour plusieurs chefs d’accusation (escroquerie, association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux).
Controverse entre l’APR et le FMI
L’Alliance pour la République (APR) a transmis un contre-rapport au FMI, ce qui a été fortement critiqué par Ngouda Fall Kane, ancien président de la CENTIF. Il estime que le FMI n’a pas à considérer un document émanant d’un parti politique, ce qui constituerait un précédent dangereux.
Fait divers culturel
Lors d’une soirée de Wally Seck, l’artiste Gueweul Diaspora s’est fait voler son téléphone, un outil essentiel à ses activités artistiques. L’incident a été largement relayé, et Wally Seck a tenté de le réconforter.
